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France

Notre ami Rybolovlev

admin4831

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L’AS Monaco est au plus mal en ce début de saison. Relégable en championnat et éliminé de la Ligue des Champions, le club de la principauté connaît en plus quelques soucis extra-sportifs. 
Le club a été secoué au début du mois de novembre par la mise en examen de son président Dimitri Rybolovlev pour « trafic d’influence actif », « corruption active » et « recel de violation du secret de l’instruction » dans une affaire l’opposant au marchand d’art suisse Yves Bouvier.

 Peu présent médiatiquement depuis son arrivée en Ligue 1, l’actionnaire majoritaire de l’ASM nourrissait jusque-là une grande part de mystère. Cette discrétion assumée n’a finalement plus rien d’étonnant au vue des dernières révélations de Mediapart dans le cadre des Football Leaks. Rien de nouveau pour Rybolovlev qu’on savait déjà embarqué dans des affaires troubles bien avant le rachat du club en 2011. Le problème étant que cette fois ci, c’est au niveau de la gestion même de l’AS Monaco que l’oligarque russe aurait usé de pratiques controversées.

A Monaco, Rybolovlev s’est très vite accoutumé aux traditions locales. Dans ce petit Etat qui cultive « l’entre soi », il a su tisser sa toile à coup de tapes dans le dos, cadeaux et embauches de complaisances. Le rachat de l’AS Monaco était la porte d’entrée royale dans ce paradis fiscal aux portes de l’Union Européenne. « Rybo » a cependant pris l’habitude de rester invisible en supervisant les opérations conduites par ses deux plus proches fidèles, Tetiena Bersheda, avocate et administratrice de l’ASM et Vadim Vasilyev qui préside le club. Les deux « cadres » se retrouvent très vite confrontés au clientélisme de leur supérieur. C’est ainsi qu’une liste de personnalités à inviter est imposée à Vasilyev dès la première année. Elle se compose en majorité de représentants d’entités publiques du Ministère et du Palais. 

Ces faveurs à l’égard de hautes personnalités vont pourtant contre l’intérêt du club, comme signalait déjà à l’époque à son président l’ancien directeur marketing de Monaco, Henri Van der Art : « J’ai fait une analyse complète du match à domicile contre Arsenal […] C’est assez choquant car, beaucoup d’argent est une nouvelle fois perdu […] Il est important que vous sachiez combien de sièges vont par exemple à la police, au gouvernement, aux maires… ». Vadim Vasilyev, bien qu’averti, continuera à suivre cette politique de complaisance comme lorsqu’il choisit de conserver le recruteur Delio Onnis, un proche d’Albert II, malgré son rendement faible ; décision qui fera polémique au sein du club.

C’est le réseau qui prime avant tout pour le milliardaire russe qui n’a pas eu de mal à le faire comprendre à son autre bras droit Tetiena Bersheda. Dans un mail échangé en novembre 2011 avec une employée intitulé « cadeaux de Noël », la fille de diplomates ukrainiens dresse une liste d’élus et de fonctionnaires auxquels il serait bien d’adresser un cadeau de la part de « DR ». Parmi eux, un certain Paul Masseron, ministre de l’intérieur qui aidera par la suite le club du rocher à effectuer une petite manœuvre fiscale. Le but étant de s’arranger dans le cadre du recrutement de Radamel Falcao, début 2013, pour que le colombien soit résident fiscal dès la première année à Monaco pour être exonéré d’impôts.

Homme de l’ombre, Dimitri Rybolovlev empile les intermédiaires, le rendant difficilement atteignable. Rusé et intelligent, il joue d’astuces brouillant la frontière entre le l’égal et l’illégal. Aujourd’hui incontournable sur le rocher, il a réussi son pari en intégrant un milieu très fermé. Et si l’AS Monaco avait uniquement servit à cela ? Beaucoup commencent à réellement le penser.

Crédit photo : AFP

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