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Reste du monde

Uruguay : le CD Maldonado, une étrange situation

Adel.B

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cd maldonado

Le football et son économie, réservent parfois des surprises plus que mauvaises à ses suiveurs. Le Club Deportivo Maldonado est l’une d’elle.

Récemment promu en Primera Division (première division uruguayenne ndlr), le club a été racheté en 2009 par deux anglais, Malcolm Caine et Graham Shear. Les propriétaires ont alors changé son statut en SAD (Sociedad Anonima Deportiva) ou “société anonyme”. Cette nouvelle situation leur donne l’entière responsabilité du club, sans que leur identité ne soit connue. À partir de là, les deux propriétaires ont transformé cette petite équipe de deuxième niveau, en un “club intermédiaire” du football mondial.

Comment le club a-t-il été transformé ?

Le CD Maldonado est devenu dès lors le tampon entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Utilisé par tous les agents du continent américain, ces dirigeants ont enchaîné les transferts. Le fonctionnement est rudimentaire : un club européen recrute un joueur sud-américain à fort potentiel. Cependant, au lieu de l’acheter directement à son équipe d’origine, le joueur est d’abord signé par le Club Deportivo Maldonado. Les Uruguayens le prêtent ensuite à sa nouvelle équipe, avant d’y être transféré définitivement.

Cette démarche permet aux propriétaires anglais de récupérer l’argent de la transaction et, surtout, aux clubs européens de ne payer aucune taxe quant à la signature de ces nouveaux joueurs. Les taxations uruguayennes sont effectivement très faibles, et la petite dimension du CD Maldonado ne permet pas d’attirer les autorités. La particularité de cette situation, au delà de ce processus économique, réside dans le fait qu’aucun des joueurs “recruté” par le club uruguayen ne dispute le moindre match avec ce dernier.

Une enquête ouverte par la FIFA depuis 2016

Des joueurs sud-américains de renom ont ainsi voyagé par ce biais pour rejoindre l’Europe comme : Jonathan Calleri (Espanyol Barcelone), Geronimo Rulli (Real Sociedad), Alex Sandro (Juventus), Marcelo Estigarribia (ex-Juventus) ou encore Willian José (Real Sociedad). Les footballeurs visibles sur la photographie ci-dessus sont les “vrais” membres de l’effectif, récemment promu en première division donc.

Cette pratique, longtemps passée inaperçue, est finalement tombée dans l’œil de la FIFA qui a ouvert une enquête depuis 2016 à l’encontre des propriétaires du club. Ces systèmes de recrutement massifs et déloyaux restent évidemment à bannir, au moment où le football entre dans un microcosme économique insaisissable.

Crédit photo : deportivomaldonado.com

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