Suivez-nous sur les réseaux !

Coupe d'Europe

FC Barcelone : tout à corriger

Adel.B

Publié

le

En s’inclinant 8-2 face au Bayern Munich, le FC Barcelone vient d’atteindre les limites d’une gestion plus que calamiteuse et ce, depuis maintenant plusieurs années.

Un président illusoire à Barcelone

Au moment où nombreux sont ceux qui abreuvent la culture de l’instantané, en s’arrêtant au résultat de ce quart de finale, il est nécessaire de comprendre l’origine de ce cataclysme et de remonter dans le temps. De la présidence d’un homme avide de pouvoir aux capacités limitées de la direction sportive les explications sont nombreuses pour analyser ce marasme.

Depuis son arrivée au Barça en 2014, Josep Maria Bartomeu n’aura jamais fait l’unanimité auprès des supporters. Son influence notable sur les médias catalans met en exergue la place omnipotente qu’occupe le président. Ainsi, la prise de partie des deux références que sont Mundo Deportivo et Sport, connues pour leur proximité avec les têtes pensantes du club, jouent un rôle conséquent dans la liberté d’action de JMB.

La portada del diario Mundo Deportivo (15/08/2020)
Crédit photo : elespanol.com

Cette propagande présidentielle s’étend alors au reste de l’encadrement et les pleins pouvoirs donnés à Josep Maria Bartomeu réussissent à diviser la direction. Au mois d’avril, six dirigeants démissionnent. Emili Rousaud, Enric Tombas, Maria Teixidor, Silvio Elías, Josep Pont et Jordi Calsamiglia s’en vont, résultante d’une longue période de contradictions. Tout d’abord, le conflit ouvert entre le capitaine Lionel Messi et une partie de la direction sportive lié au degré de motivation et aux efforts fournis par les joueurs, a créé une faille dans les relations entre le terrain et les coulisses.

Par la suite, le contrôle toujours plus important des faits et gestes des membres du club a figé le peu de confiance qui existait entre les différentes structures du Barça. En effet, le conseiller du président, Jaume Masferrer, est soupçonné d’avoir engagé une société de communication digitale, « I3 Ventures », afin de créer de faux comptes sur les réseaux sociaux, encensant le président et critiquant l’ensemble du club.

Niés par le club, ces agissements sont pourtant l’argument principal évoqué par les six démissionnaires. Ainsi, la commission versée à « I3 Ventures » s’élèverait à six contrats, d’une valeur de 200 000 euros chacun. Un élément de plus, accablant la gestion aux allures de népotisme de Josep Maria Bartomeu, auxquels s’ajoutent évidemment des choix sportifs plus que discutables.

Une direction sportive dépassée

La nomination d’Eric Abidal en 2018 comme directeur du football semblait idéale, au vu du relationnel existant entre le retraité et ses anciens coéquipiers. Pourtant, l’inefficacité du Français tant dans le recrutement que dans la communication, montre toutes les limites de ses nouvelles fonctions. Le FC Barcelone a en effet acheté pour 981.75 millions d’euros en quatre ans, dont 546.2 millions sous la houlette d’Abidal. La nomination d’Oscar Grau comme directeur exécutif ne réussit pas améliorer la situation.

Malgré les dépenses, le club ne parvient aucunement à retrouver son lustre des années Rijkaard et Guardiola, encadrés par Joan Laporta et Sandro Rosell. Ce sont donc 22 joueurs recrutés, qui n’auront jamais réussi à réellement s’imposer au sein de l’institution. 16 d’entre eux ont déjà quitté le club après moins de trois années disputées et neuf pourraient possiblement partir (voir document ci-dessus).

La faute à une gestion précipitée, souhaitant recruter en quantité afin de concurrencer ses rivaux, mais dont la qualité se tarit au fil des années. Le pari du recrutement jeune n’a pas non plus été une solution efficace. Le temps de jeu de Marlon, Jean-Clair Todibo, Yerry Mina ou Paco Alcacer ne s’élève qu’à 3187 minutes de jeu (soit 36 matchs au total). Des choix d’entraîneur également insatisfaisants, visibles depuis le départ de Luis Enrique en 2017.

FC Barcelone - Mercato : Marlon finalement vers l'Italie ? - But ...
Crédit photo : butfootballclub.fr

Des choix sportifs pauvres

Les arrivées successives d’Ernesto Valverdo puis Quique Setien, n’auront pas réussi a redorer le blason du tiki-taka. Un jeu plus direct prôné, il est vrai, depuis l’ère Enrique mais qui, dans un milieu de terrain vieillissant où se mêlent Sergio Busquets, Ivan Rakitic et depuis peu un Arturo Vidal totalement dépassé, ne fonctionne plus.

De plus, le style auquel étaient habitués les cadres Gerard Piqué, Jordi Alba, Lionel Messi et Luis Suarez, ne peut s’adapter à des choix tactiques révolutionnaires. Nous pouvons citer le milieu à cinq ou en 4-4-2 de Setien, qui est un échec criant. Les échanges couloirs gauche entre La Pulga et Alba qui ont prouvé maintes fois son efficacité, est désormais devenu désuet.

Barcelona sack manager Valverde, Setien to step in for the role ...
Crédit photo : wionews.com

Enfin, la culpabilité ou la responsabilité souvent jetée sur les mêmes joueurs, constitue également un bloc néfaste à la vie de groupe. Des icônes comme Ivan Rakitic voire même Antoine Griezmann se voient ainsi régulièrement visées par des critiques souvent infondées, faisant alors fi des réelles problématiques structurelles du FCB.

Une politique nouvelle, entre les mains de la jeunesse

Pour remédier à cette situation, le retour aux sources est donc privilégié depuis quelques mois. La Masia et le Barça B retrouvent des couleurs avec l’émergence de plusieurs éléments, venus soutenir leurs protecteurs. La qualité entrevue chez Ansu Fati, Ronald Araujo, Monchu Rodriguez ou Riqui Puig démontre que le réservoir catalan est loin d’être épuisé. La solution serait donc, peut-être, de revenir à la nature identitaire qui a fait du FC Barcelone l’un des meilleurs clubs du monde. La formation, encadrée par des techniciens de qualité et surtout, qui s’inscrivent dans la durée.

Monchu, Barça B's total midfielder deserving of more | Barca Universal
Crédit photo : barcauniversal.com

La menace d’un départ de Lionel Messi et les élections présidentielles anticipées, pourraient permettre de réveiller le Barça afin de le remettre sur le devant de la scène. Les départs programmés de plusieurs joueurs en fin de parcours et de la direction sportive emmenée par Eric Abidal et Oscar Grau est un premier signal de mouvement. La démission de Josep Maria Bartomeu, attendu par les socios pourrait également amener un renouveau. Les interrogations et les refontes sont nombreuse mais ce qui est sûr, c’est que le football ne peut exister sans le FC Barcelone, qui se doit à son tour, d’honorer sa ville.

Crédit photo : fcbarcelona.fr